Le vol des séries télés par Hollywood

Le vol des séries télés par Hollywood

C’est un été riche en adaptation cinématographique qui nous attend. Après Sex and the City le 28 mai, Speed Racer le 18 juin ce sont The X-Files: I want to believe et L’incroyable Hulk qui seront prochainement à l’affiche des salles obscures.

Un exercice périlleux, qui ne marche pas à tous les coups et pourtant Hollywood continue de multiplier les adaptations de nos séries préférées, alors pourquoi ? Les centaines de scénaristes que compte Hollywood seraient-ils en manque d’imagination ou est-ce plutôt un stratagème marketing ?

Depuis quelques années, le grand écran n’arrive plus à faire le poids face à la télévision qui remporte un succès phénoménal grâce à ses séries dont les téléspectateurs raffolent. Jaloux de ce triomphe, Hollywood a décidé de ravaler sa fierté, et de surfer sur cette vague de succès en multipliant les adaptations.

Le 28 mai dernier c’est Carrie Bradshaw, l’héroïne de Sex and the City, et sa bande d’amies qui ont pris le contrôle des salles obscures. Bientôt, se seront l’équipe de l’Agence tout risque, la célèbre famille texane Dallas et un détective privé en chemise hawaïenne répondant au doux prénom de Magnum qui squatteront le grand écran.

Cinéma et télévision sont pourtant deux mondes totalement opposés et transposer une série télé au cinéma relève du parcours du combattant. Première difficulté : recréer le lien d’intimité qui se tisse entre le téléspectateur et les personnages. Deuxième difficulté : restituer en deux heures tout ce que la télévision met des mois voire des années à bâtir. Enfin respecter l’esprit de la série afin d’attirer les fans et les non fans qui se méfient généralement des adaptations.

Un dernier point très difficile à respecter puisque les séries télé américaines sont généralement diffusées sur les chaines câblées, les téléspectateurs sont donc tous consentants et avertis. Les producteurs en profitent donc pour se lâcher aussi bien sur les scènes que sur les dialogues, Sex and the city, Californication, ce qui est leur est formellement interdit sur les chaines grand public.

TF1, par exemple, avant de diffuser Dr House a été contrainte de retirer à la série les dialogues jugés trop violents ou politiquement incorrects. Une censure également effectuée lors de la transposition des séries sur grand écran, dans Sex and the City-le film, les quatre New-yorkaises n’ont pas des discutions aussi crues que dans la série, elles n’évoquent par exemple, à aucun moment la masturbation ou les sex-toys. Des changements qui exaspèrent les fans qui crient à la trahison à chaque fois que leur série fétiche est adaptée au cinéma.

Malgré la difficulté de l’exercice, Hollywood continue de puiser dans les réserves des séries télévisées à succès tout en étant consciente que cela ne peut pas marcher à tous les coups.

Les adaptations ratées

Si la première tentative d’adaptation de la série Mission Impossible fut un véritable succès (plus de 450 millions de dollars de recette), on ne peut pas en dire autant des deux seconds volets qui ont perdu tout l’esprit de la série, ne gardant d’elle que le titre.

Autre adaptation, autre échec Chapeau melon et Bottes de cuir, le film regorge d’effets spéciaux et d’explosions ce qui le fait ressembler à un James Bond, on est donc loin, très loin de la série, une vraie déception pour les fans.

Même constat pour Wild, Wild West (Les Mystères de l’Ouest) considéré comme une véritable trahison par les aficionados de la série. Selon eux effets spéciaux, gags grossiers, scénario pauvre et acteurs n’ayant aucune ressemblance avec les acteurs originaux rendent ce film médiocre.

Mais la palme de la médiocrité revient, sans la moindre hésitation, à Ma sorcière bien-aimée avec Nicole Kidman. Dans ce film, Nicole Kidman postule pour un le rôle de Samantha Stevens dans un remake de Ma Sorcière bien-aimé. Un scénario original mais qui n’a pas du tout séduit le public.

Heureusement certains cinéastes ont la présence d’esprit de prévenir le public lorsque leur adaptation ne ressemble en rien à l’œuvre originale. C’est le cas du film Starsky et Hutch, joué par Ben Stiller et Owen Wilson, qui dans sa version originale est une série policière très noire et violente sans aucune forme d’humour. Dans le remake, le côté sombre et oublié et l’accent est mis sur l’humour et les scènes d’actions. Une parodie unique en son genre qui a séduit plus d’un fan.

Les réussites

Parmi les rares adaptations réussies on retrouve Le Fugitif (1993) avec Harrison Ford et Tommy Lee Jones (368 700 000 dollars de recettes) ou encore Les Incorruptibles de Brian de Palma (1987). Ces deux films respectent à la perfection l’esprit de la série dont ils sont inspirés.

Les quatre new-yorkaise de Sex and the City font preuve du même respect dans l’adaptation de leur série au cinéma. Quatre ans après leur départ, Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda reviennent au cinéma dans un film qui ressemblerait plus à un superépisode qu’à un long métrage.

Aujourd’hui que les moyens se sont développés, il faut vraiment que le film ait un plus pour que le public accepte de payer, ce qui devient malheureusement de plus en plus rare.Les adaptations que le public espèreSi presque toutes les séries ont eu droit à leur adaptation, il y a en une qui a échappé à Hollywood et pourtant les fans espèrent tous une adaptation. On veut bien sûr parler de Friends, la série culte des années 90. Pendant près de dix ans, Rachel, Ross, Monica, Phoebe, Chandler et Joe ont fait rire la planète entière et les millions de fans n’espèrent qu’une chose : voir les six new-yorkais sur grand écran.Une rumeur diffusée dans la presse internationale révélait que ce rêve pourrait devenir réalité dans les mois à venir, mais cette information a rapidement été démentie. En effet, les agents de Matthew Perry, l’ex-Chandler, de Courtney Cox, l’inoubliable Monica et de Jennifer Aniston, alias Rachel dans la série, ont affirmé que les acteurs n’étaient pas prêts pour un tel projet.Pourtant le succès internationale qu’à connu la série garantirait certainement le succès du film et rapporterait sans aucun doute beaucoup de petits billets verts aussi bien à Hollywood qu’aux acteurs !L’adaptation d’autres séries phénomènes seraient également très profitables aux studios Hollywoodiens tels que Prison Break, 24 , Heroes ou encore Desperate Housewives…Gageons qu’Hollywood ne résistera pas à la tentation de transposer ces séries sur grand écran… En manque d’imagination et jalouse du succès du petit écran, Hollywood a trouvé la solution à son problème en piquant les idées de son concurrent, une stratégie qui ne marche pas à tous les coups mais les quelques fois où cela fonctionne ce sont des millions de dollars qu’elle empoche.

Malgré une intrigue un scénario absent, une intrigue prévisible et des dialogues plus soft, le film remporte un succès monstre, plus de 150 millions de dollars de recettes depuis sa sortie le 28 mai dernier.

Deux ans plus tôt c’était Miami Vice-Deux flics à Miami l’adaptation de cette série des années 80 par Michael Mann qui caracolait en tête des Box-office.

Les films ne sont pas les seuls à tenter leur chance au cinéma, les dessins animés aussi s’y aventure. C’est le cas notamment des Simpson et de South Park qui font leur show avec brio sur grand écran.

Pour Hollywood, on l’a bien compris, les adaptations cinématographiques de nos séries peut parfois se révéler être le jackpot, mais qu’est-ce que cela rapporte au spectateur ? Pourquoi accepte-t-il de payer pour ce qu’il peut voir sur le petit écran ?

Selon Alain Carrazé, dans les années 60, les spectateurs avaient tout intérêt à se rendre au cinéma car à cette époque rares sont ceux qui possédaient un téléviseur couleur alors aller au cinéma leur permettaient de voir la même chose que chez eux mais en couleur, sur un écran beaucoup plus grands et avec un plus gros budget.